Est-il prématuré de désigner le coupable dans l’affaire Skripal ?

Ancien officier dans l’armée française de 1959 à 2005 et diplômé de la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr, Dominique Delawarde a servi 8 ans à l’étranger dont 3 ans aux Etats-Unis (1). Après avoir encadré des unités militaires de Légion étrangère et de Chasseurs alpins, le général Delawarde a également été affecté au renseignement en état-major national.

Dans une tribune (2) publiée sur le site internet de l’Association de soutien à l’armée française (ASAF), Dominique Delawarde s’étonne de l’empressement autant politique que médiatique à désigner la Russie comme responsable de la tentative d’assassinat à Salisbury (Royaume-Uni) contre Serguei Skripal, un ex-colonel du renseignement militaire russe (GRU) de 66 ans émigré à l’occasion d’un échange d’espions en 2010.

L’ex-général français s’interroge sur le fait que le gouvernement britannique ait pu identifier un gaz mortel appelé le « Novitchok » alors que sa composition serait en fait inconnue et que son existence même n’est pas prouvée. Aussi, doute-t-il que Vladimir Poutine ait pu avoir l’idée d’éliminer un individu de façon aussi compliquée et hasardeuse à 16 jours de l’élection présidentielle russe.

« S’ils avaient voulu éliminer Skripal, les services spéciaux russes l’auraient fait proprement, au moment opportun et l’on n’aurait jamais retrouvé le corps, » précise le général Delawarde. En somme, l’affaire Skripal serait une « tentative de manipulation » et si le ridicule tuait, le premier ministre britannique Theresa May et son ministre des affaires étrangères Boris Johnson ne seraient plus de ce monde, conclut Delawarde.

Notes

(1) Dominique Delawarde est, en plus des grades d’officier de la Légion d’Honneur et de commandeur de l’Ordre National du Mérite, décoré de la Meritorious Service Medal américaine.

(2) Affaire SKRIPAL et accusation britannique : Libre opinion du général Delawarde, Association de soutien à l’armée française (ASAF), 20/3/2018.

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