Après Skripal, Poutine reprend l’initiative avec Erdogan et Rohani

Sans présumer des responsabilités de l’affaire Skripal en l’état des éléments rendus publics jusqu’à maintenant, force est de constater que l’expulsion massive de diplomates russes par les Etats-Unis et de nombreux pays européens a contrarié le président russe Vladimir Poutine.

Désormais persuadé que Donald Trump ne peut pas l’aider à améliorer les relations bilatérales russo-américaines, M. Poutine mise sur les « relations stratégiques » qu’il a renforcées ces dernières années avec l’Iran et même construites avec la Turquie. En somme, le président russe sait appuyer là où cela fait mal.

Non seulement poursuit-il de bonnes relations avec l’Iran qui demeure, peut-être plus que jamais, la « bête noire » de l’Amérique mais il profite des atermoiements occidentaux vis-à-vis de Recep Tayyip Erdogan pour construire un partenariat stratégique avec la Turquie.

Pourtant membre de l’OTAN, cette dernière a multiplié des initiatives très mal vues en Occident comme son incursion militaire à Afrin (Syrie) ou encore sa violation régulière de l’espace aérien grec.

Visant 100 milliards de dollars de commerce bilatéral dans les prochaines années, la Russie et la Turquie se comportent comme des alliés au point que Moscou construira la première centrale nucléaire d’Ankara. Aussi, est prévue une seconde ligne pour le pipeline Turkish Stream et est avancée pour 2019 la livraison de missiles sol-air russes S-400.

De quoi se venger de l’Occident après les retombées diplomatiquement négatives de l’affaire Skripal.

© Cyceon, reproduction interdite sans autorisation écrite.

Laisser un commentaire