La France pourrait bien frapper la Syrie malgré l’absence de consensus

© Cyceon, reproduction limitée autorisée sous conditions.

« Il y a bien eu utilisation d’armes chimiques en Syrie, » a déclaré le président de la République française Emmanuel Macron. « Dans ce contexte, la France mène trois actions, » a ajouté le dirigeant centriste.

« D’abord, nous poursuivons les échanges d’informations techniques et stratégiques avec nos alliés pour définir notre réaction, qui interviendra dans les prochains jours. Ensuite, nous renforçons notre action diplomatique pour l’interdiction des armes chimiques. Enfin, nous menons une action d’aide aux populations civiles pour ouvrir les accès humanitaires avec l’ONU et les ONG sur le terrain. »

La déclaration du président Macron intervient alors que les armées françaises se préparent à une action imminente contre la Syrie, en usant de forces aériennes et navales.

L’option militaire suscite un vif débat dans le pays où un certain nombre de politiques, principalement de droite, ont exprimé leur inquiétude que la France puisse prématurément agir sur la base d’un manque de preuves que l’attaque chimique perpétrée dernièrement à Douma a bien été conduite par le gouvernement de Bachar Al-Assad.

« Malgré les pressions américaines, (l’ex-président) Jacques Chirac avait su éviter à la France l’aventure désastreuse d’une guerre en Irak, » écrit l’ex-ministre Thierry Mariani. « Si Macron frappe la Syrie, unilatéralement avec Donald Trump, il viole la Charte de l’ONU qui demeure la clé de voûte des relations internationales, il agira comme (l’ex-président) George W. Bush, » ajoute l’ex-député Jacques Myard.

« L’Europe paie les conséquences de la guerre en Libye, notamment l’explosion des flux migratoires. Va-t-on réitérer les mêmes erreurs potentiellement dévastatrices en Syrie ? Veut-on réellement suivre les Américains et les va-t-en-guerre irresponsables dans un Irak bis ? » demande la présidente du Front National (FN) Marine Le Pen.

Du point de vue militaire, la France pourrait mener des frappes aériennes avec des avions de combat Rafale équipés de missiles de croisière SCALP au décollage de la base française de Saint-Dizier ou depuis la Jordanie et les EAU. L’autre option serait une frappe depuis la frégate multi-missions l’Aquitaine également équipée de missiles de croisière (MDcN) et naviguant actuellement dans les eaux internationales.

La principale inquiétude pour les forces armées françaises sera probablement les défenses anti-aériennes syriennes S-300 et S-400 de fabrication russe.

© Cyceon, reproduction limitée autorisée sous conditions.