Le CEERAT prévoit un djihadisme endogène, plus sophistiqué et plus létal

© Cyceon, reproduction limitée autorisée sous conditions.

En 3 ans, la France a subi une vingtaine d’attaques terroristes perpétrées par une trentaine d’individus, faisant plus de 1.000 victimes avec 241 morts et 820 blessés (1). Dans le même temps, 32 projets d’attentats ont été déjoués dont 13 en 2017 selon le Ministère de l’intérieur (MININT).

« Le bilan humain (…) est particulièrement élevé au regard des moyens mis en œuvre par les assaillants. L’impact psychologique de ces attaques sur les populations n’en est que plus fort, » lit-on dans une synthèse produite en novembre 2017 par le Centre d’enseignement et d’entrainement du renseignement de l’armée de terre (CEERAT).

Plus inquiétant, « la probabilité que des terroristes mettent en œuvre des modes d’action beaucoup plus sophistiqués et beaucoup plus destructeurs reste forte, » insiste le CEERAT.

Citant la Revue stratégique et de sécurité nationale présentée au président de la République Emmanuel Macron en octobre 2017, le CEERAT rappelle que « le terrorisme djihadiste connaît une phase de transformation qui n’en atténuera ni la portée, ni le danger pour la décennie à venir. » Aussi, « l’idéologie (islamiste) qui les sous-tend de faiblira pas ».

Le terrorisme islamiste est un phénomène en constante évolution et qui s’avère donc difficilement prévisible en termes opérationnels tant les cibles comme les agents opérationnels ennemis potentiels sont nombreux.

Les offensives russo-syrienne et de la coalition conduite par les Etats-Unis contre l’Etat Islamique (EI) en zone syro-irakienne ont diminué la menace extérieure – exogène et la menace revêt désormais un caractère essentiellement intérieur – endogène.

En toile de fond, les Armées comme les services de renseignement français s’inquiètent de la possibilité d’attaques futures sensiblement plus létales, « à l’irakienne » type Al Qaeda en usant de véhicules piégés au cœur d’une ville ou « à l’algérienne » type GIA en attaquant des territoires résidentiels semi-urbains voire ruraux.

Parmi « le risque à venir » du CEERAT sont listées les attaques contre des centrales nucléaires, des sites industriels, des trains ainsi que des incendies de forêts, la pollution de l’eau, des tueries de masse dans des Eglises, des écoles ou des hôpitaux : autant de « cibles molles » qui requièrent « de se préparer en permanence au pire ».

Selon Cyceon, l’information majeure de ce document du CEERAT est triple : d’abord, la « guerre » contre le terrorisme est devenue principalement intérieure, ensuite, cette « guerre » durera encore une décennie au moins, enfin, le djihadiste est en train de muter de l’artisanat à un modus operandi plus sophistiqué et potentiellement beaucoup plus létal.

Notes

(1) Chiffres datant de novembre 2017.

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