Le 21ème siècle, celui de la première guerre économique mondiale ?

Le 21ème siècle s’annonce comme celui d’une nouvelle guerre mondiale dans laquelle politique, commerce et renseignement s’entremêlent au grand jour. La notion de guerre économique n’est certes pas nouvelle mais les Etats-Unis, première puissance économique mondiale depuis les années 1920, n’eurent au cours du siècle précédent aucun véritable adversaire en mesure de contester leur suprématie et surtout pas l’Union soviétique, géant militaire aux pieds économiques d’argile.

En ce début de nouveau millénaire, l’Union Européenne (UE) peine à s’organiser mais montre quelque velléité de répondre à ce qu’elle perçoit comme de la fébrilité et de l’agressivité de la part de son allié américain. Plus important, la Chine s’est éveillée et paraît en mesure de s’emparer du leadership économique mondial d’ici 2035 à 2050 selon diverses estimations.

Face à une Chine 4,25 fois plus peuplée et où l’Etat est omniprésent dans l’économie nationale, les Etats-Unis paraissent hésiter entre négociation et confrontation à l’instar de l’administration Trump négociant un accord commercial avec Pékin tandis que le directeur financier du groupe chinois Huawei, premier producteur mondial d’équipements de télécommunication, est emprisonné au Canada à la demande de la justice américaine.

Ce qui se faisait auparavant en coulisses défraie désormais la chronique des journaux et les gouvernements n’hésitent désormais plus à monter au créneau pour dénoncer telle action contre telle compagnie comme un acte d’agression direct contre eux-mêmes.

De plus en plus donc et à la mesure que la Chine et d’autres pays gagnent en importance économique, l’investisseur doit intégrer à sa réflexion la dimension de plus en plus conflictuelle des rapports économiques mondiaux et l’incertitude parfois soudaine qu’elle génère et qu’on a déjà pu constater concernant les prévisions sur la capacité de Washington et de Pékin à sceller un accord durable.