Tensions sur l’armement entre l’Arabie Saoudite et ses alliés

L’Iran et le Yémen ne sont manifestement pas le seul problème de l’Arabie Saoudite. La montée des protestations de nature éthique et/ou relatives aux droits de l’homme conjuguée aux retombées de l’affaire Khashoggi compliquent les ambitions militaires du royaume et suscitent des inquiétudes quant à sa capacité à conserver durablement son indispensable alliance stratégique avec les pays occidentaux.

On peut en effet reconnaître qu’en seulement quelques mois le contexte s’est nettement tendu, d’abord avec l’Allemagne qui a suspendu toutes ses exportations d’armes vers l’Arabie Saoudite puis ensuite avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis où les parlementaires ont décidé de soutenir une posture similaire.

A Riyad pointe l’inquiétude face à ces décisions inédites prises par ses alliés les plus précieux, à l’exception de la France où le sujet ne suscite pour l’instant que quelques tentatives disparates de blocage de transports d’armes dans les ports.

Consécutivement se pose donc la question de la crédibilité du soutien militaire direct des Etats-Unis en cas de conflit ouvert avec l’Iran et certains analystes n’hésitent plus à lier une telle interrogation à l’indépendance énergétique croissante acquise par Washington ces dernières années et qui a réduit d’autant sa dépendance – et donc son intérêt – vis-à-vis de Riyad.

En pleine montée des tensions, c’est donc le doute qui semble prédominer quant à quelle orientation fondamentale donner à l’Arabie Saoudite dans le futur afin de reconstruire la confiance avec ses partenaires occidentaux.