De la mondialisation générale à la grande dislocation ?

De la même façon que la technologie accélère voire amplifie les changements économiques et sociologiques, la politique bouleverse la scène internationale.

Un facteur primaire et deux facteurs secondaires participent d’une telle mutation de l’environnement stratégique à savoir la mondialisation, le développement économique rapide de l’Asie depuis les années 1990 et la politique de Donald Trump depuis son élection en novembre 2016.

Alors que la fin de la guerre froide semblait déboucher sur « la Fin de l’Histoire » à travers un vaste consensus favorable à la mondialisation et au libre-échange, l’actualité la plus récente de la scène internationale menace voire conclut celui-ci.

D’abord, les négociations commerciales houleuses entre les Etats-Unis et la Chine préfigurent un affrontement de plus grande ampleur entre les deux grandes puissances du 21ème siècle. Ensuite, les relations entre les Etats-Unis et la Russie atteignent un plus-bas avec la fin d’accords stratégiques obtenus de haute lutte pendant les années 1980 tandis que l’Inde et le Pakistan s’affrontent de plus en plus vivement sur la question du Cachemire.

Enfin, l’alliance entre les Etats-Unis et l’Europe souffre d’un déficit de confiance inédit tandis que l’avenir du Royaume-Uni semble incertain. Sur la toile de fond d’un retour au nationalisme, la mondialisation pourrait bien s’effacer au profit d’une dislocation où chaque pays (ou groupe de pays) réapprend « la loi du plus fort ».