Le fossé grandissant entre élus et électeurs augmente le risque politique

En corollaire à un précédent article dans lequel Cyceon indique que les sources d’instabilité politique et économique à moyen terme s’accroissent, l’augmentation du risque politique découle également d’une autre tendance de fond tout aussi pertinente.

A l’instar du « non » voté par le peuple Français en 2005 à l’occasion d’un referendum sur la constitution européenne mais qui n’a jamais été entériné par le gouvernement français préférant signer en 2008 le traité de Lisbonne, les parlements nationaux en Europe paraissent de moins en moins représentatifs de la majorité des électeurs.

En sus des modes de scrutin qui, souvent, favorisent l’émergence de majorités fortes voire absolues sur des bases électorales beaucoup plus minces et donc fragiles, les décisions des représentants (élus) semblent de plus en plus contestées par une part croissante voire majoritaire des représentés (électeurs).

Les scènes politiques italienne et britannique viennent d’en donner deux exemples significatifs avec une nouvelle alliance politique M5S-PD scellée à Rome à rebours d’un grand nombre d’italiens désireux de retourner aux urnes tandis qu’à Londres le Parlement a empêché le premier ministre Boris Johnson de concrétiser le Brexit et ensuite de tenir des élections anticipées afin d’y remédier.

Dans ces circonstances, la notion démocratique de représentation perd de plus en plus de légitimité aux yeux des électeurs avec comme conséquence un soutien de plus en plus important en faveur des mouvements dits « populistes », une tendance de fond que l’on constate partout en Europe.