3 facteurs principaux expliquent le krach boursier en Argentine

L’indice MERVAL est monté d’environ 993 points en novembre 2008 jusqu’à 42.057 points en juillet 2019, soit un bond de 4.135% en seulement 11 ans. Du point de vue boursier et malgré ses difficultés structurelles récurrentes, l’Argentine semblait enfin être plébiscitée par d’autres acteurs de marché que les fonds souvent dénoncés comme « vautours » par la classe politique nationale.

A l’annonce surprise que le mouvement péroniste pourrait revenir au pouvoir et remettre en question la politique dénoncée par l’opposition comme « ultra-libérale » et « soumise au FMI » du président Mauricio Macri, la bourse de Buenos Aires a glissé de 42.057 points à environ 25.000 points de juillet à septembre 2019, soit une chute de 40% en seulement 2 mois.

Selon Cyceon, ce désamour soudain des investisseurs repose sur trois facteurs principaux :

  1. D’abord, le retour au pouvoir de Cristina Fernandez de Kirchner comme vice-présidente du potentiel futur président Alberto Fernández pourrait gâcher le rapprochement avec les Etats-Unis après les accusations d’arrangement de l’ancienne administration Kirchner avec le gouvernement iranien pour l’attentat de l’AMIA qui tua 85 personnes en 1994.
  2. Ensuite, les analystes interprètent la défaite possible de Mauricio Macri comme l’énième preuve de l’instabilité politique chronique de l’Argentine où la corruption complique parfois la bonne conduite des affaires.
  3. Enfin, la dette publique comme privée du pays a vu sa qualité dégradée par les agences de notation et le spectre du défaut réapparaît à la lumière de réticences supposées du FMI de poursuivre son aide à la restructuration via un prêt record de 57 milliards de dollars obtenu l’an dernier.

D’ailleurs, le candidat Fernandez a lui-même confirmé son scepticisme quant à l’action du FMI, affirmant que « le prêt reçu par le pays et les nombreuses conditions qui y sont associées n’ont généré aucun des résultats escomptés » renforçant ainsi le sentiment que l’Argentine vit « une crise sans fin ».

Aussi, les craintes de récession aux Etats-Unis et les perspectives amoindries de la croissance mondiale ne favorisent pas les marchés émergents comme l’Argentine, à nouveau perçue comme une destination risquée voire spéculative pour les capitaux étrangers.

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