Les taux d’intérêts négatifs inquiètent aussi les plus expérimentés

Certes, après la seconde guerre mondiale, les économies occidentales ont connu des taux d’intérêts négatifs à la différence essentielle que ces derniers étaient réels à savoir que lorsque le taux d’intérêt nominal était à 15%, l’inflation le dépassait à 16% soit un taux d’intérêt réel de -1%.

Actuellement, les taux d’intérêt négatifs sont nominaux à savoir par exemple que le taux de l’obligation allemande à 10 ans est de -0,59% (1), ce qui ajouté au dernier chiffre disponible de l’inflation en zone euro soit 1,00% (2) donne un taux d’intérêt réel négatif de -1,59%.

En somme, l’épargnant n’a jamais « gagné » aussi peu d’argent et le rentier risque véritablement la ruine à moins d’augmenter son risque en cherchant un rendement plus élevé en bourse avec des actions, ou des obligations d’entreprise dont on estime que presque 50% d’entre elles seraient à la limite d’être dégradée en catégorie « spéculative » (junk en anglais)(3).

On le constate d’ailleurs depuis le début des politiques historiquement accommodantes menées par les banques centrales, dont celle a priori « illimitée » de la Banque centrale européenne (BCE), avec un bond de 319% pour l’indice américain S&P 500 (SPX) et de 224% pour l’indice allemand DAX (GER30) depuis mars 2009, point bas de la crise financière de 2008.

Alors que les indices boursiers se maintiennent à des plus hauts historiques dans un contexte de croissance mondiale mitigée, même les commentateurs les plus expérimentés dont d’anciens gouverneurs de banques centrales expriment leur inquiétude, bien plus que leur confiance, quant à ce qu’ils considèrent comme un nouveau paradigme obligataire dont ils peinent à évaluer les répercussions à long terme.

(1) Le 24/09/2019.
(2) Pour le mois d’août 2019.
(3) Du moins aux Etats-Unis.