Pour Emmanuel Macron, le risque d’une guerre Iran-USA est élevé

Les versions divergent, le président iranien Hassan Rohani n’a pas cédé pour les uns ou a raté l’occasion pour les autres après les révélations selon lesquels le président français Emmanuel Macron aurait déployé beaucoup d’énergie à établir un contact direct entre Rohani et son homologue américain Donald Trump.

La scène se passe le 24 septembre 2019 à New York où Macron, entre deux entrevues avec Rohani et trois autres avec Trump, a fait installer une ligne téléphonique directe et sécurisée entre l’hôtel Millenium où logeait le premier et l’hôtel Lotte où logeait le second.

L’objectif ? Que les dirigeants iraniens et américains se parlent et renouent le contact après la dénonciation en mai 2018 par l’administration Trump de l’accord sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015 et la montée des tensions qui s’est accélérée depuis. Les récentes saisies de plusieurs pétroliers par l’Iran cet été suivis par le bombardement par drone, et présumé iranien, du plus grand centre de production pétrolière de la compagnie nationale d’Arabie Saoudite, Aramco, le 14 septembre 2019 ont renforcé la détermination d’Emmanuel Macron à jouer l’intermédiaire.

En toile de fond, la diplomatie comme le renseignement extérieur auraient évalué comme « potentiellement imminent » le risque d’une guerre entre les Etats-Unis et l’Iran, rappelant la crédibilité d’une telle hypothèse après que Trump ait finalement annulé une frappe militaire visant plusieurs cibles iraniennes dans la nuit du 20 au 21 juin 2019.

Analyse qui serait renforcée par le constat de l’incapacité des saoudiens à défendre leurs installations en dépit de l’armement avancé chèrement acquis auprès des occidentaux, au premier rang desquels les américains et les français, et qui « dans une telle mesure » paraît avoir suscité quelque surprise. En somme, si Riyad ne peut pas opposer une dissuasion voire une réponse militaire valable à Téhéran, cela oblige logiquement Washington à intervenir et peut donc démarrer une confrontation armée aux conséquences potentiellement aussi imprévisibles que désastreuses.

Tout dépend en quelque sorte de savoir avec quelle sévérité répondra Donald Trump considérant qu’à Washington beaucoup estiment que la faiblesse de la réponse donnée jusqu’à maintenant encourage Téhéran à augmenter l’intensité de ses actions. A Paris où l’on considère les pays Sunnites comme étant d’un intérêt militaire et commercial stratégique pour la France, la diplomatie active et directe au plus haut niveau des Etats constitue la seule démarche valable dans ce contexte de « très haute tension ».