L’OMC contredit Airbus, Donald Trump enfonce le clou

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a rendu sa décision sur le niveau des contre-mesures pouvant être demandé par les États-Unis à l’égard de l’Union européenne (UE) et affectant le commerce des aéronefs civils gros porteurs.

Dans ce différend concernant les subventions au géant de l’aéronautique Airbus (AIR) lancé par le gouvernement des États-Unis le 6 octobre 2004 contre ses homologues de l’Allemagne; la France, le Royaume-Uni et l’Espagne, l’OMC a jugé que le rival européen de l’américain Boeing (BA) recevait des subventions illégales. « Les États-Unis sont préoccupés par le fait que les mesures ont causé et continuent de causer l’annulation ou la réduction d’avantages résultant pour eux de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) de 1994, » expliquait la plainte initiale.

Peu après la décision de l’OMC, le président américain Donald Trump a salué le montant de 7,5 milliards de dollars de tarifs douaniers comme une « belle victoire » et a accusé l’UE de traiter les États-Unis « très mal en matière de commerce en raison des droits de douane, des barrières commerciales, etc… » Le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, s’est félicité « qu’après 15 ans de contentieux, l’OMC a confirmé que les États-Unis étaient habilités à imposer des contre-mesures en réponse aux subventions illégales de l’UE. »

En Europe, Airbus a réitéré son appel à des pourparlers en vue de réduire les tensions commerciales et un communiqué de l’entreprise soulignait que « si le représentant américain au commerce choisit d’imposer des droits de douane sur l’importation d’aéronefs et/ou de composants d’aéronefs, cela créera de l’insécurité et perturbera non seulement le secteur aéronautique et spatial, mais également l’économie mondiale dans son ensemble. Une telle situation peut toutefois être évitée. »

A Bruxelles, la commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström a indiqué « qu’opter maintenant pour l’application de contre-mesures serait un choix contre-productif axé sur le court terme » et rappelé que « l’UE et les États-Unis ont tous deux été reconnus coupables, par le système de règlement des différends de l’OMC » dans des circonstances similaires.

Dans ce contexte, de nouveaux droits de douane américains de 10% sur les aéronefs et de 25% sur les produits alimentaires et industriels tels que le vin français, le fromage italien et d’autres produits entreront en vigueur le 18 octobre 2019, renforçant ainsi la guerre commerciale qui augmente les craintes sur la croissance mondiale et met en quelque sorte fin à la mondialisation en cours depuis les années 1990.

Selon Cyceon, « la dernière mesure prise par le gouvernement américain montre qu’il considère l’UE comme un concurrent commercial au même titre que la Chine, malgré des liens stratégiques, militaires et culturels très étroits. C’est un développement significatif qui pourrait probablement modifier le fonctionnement de l’économie mondiale à long terme et qui devrait alimenter davantage de souveraineté et de concurrence de la part de l’UE dans ses relations avec les États-Unis. »