Le secteur du pétrole et du gaz représente environ 50% du produit intérieur brut (PIB) et environ 70% des recettes d’exportation de l’Arabie Saoudite qui possède environ 18% des réserves pétrolières mondiales prouvées et en reste le plus grand exportateur.

Par conséquent, en tant qu’économie basée sur le pétrole et contrôlée principalement par des intérêts d’État, l’Arabie Saoudite peut exercer une grande pression sur le prix du pétrole mais son économie nationale y est donc logiquement très sensible.

Lorsque Riyad décide d’inonder les marchés mondiaux avec du pétrole à un prix défiant toute concurrence, il incite fortement Moscou à revenir à la table des négociations et menace directement Washington de faillite pétrolière pour les producteurs américains.

Mais une telle manœuvre aura un prix en pleine crise sanitaire et donc en pleine chute de la demande mondiale de pétrole au point que le prix de ce dernier a été négatif le dernier jour de cotation du contrat de mai 2020 du brut américain.

Le gouvernement russe qui se félicitait récemment des progrès sans précédent de sa relation bilatérale avec le gouvernement saoudien pourrait revoir celle-ci en profondeur au point de reporter son souhait de nouer des liens constructifs.

Le gouvernement américain se sent pris au piège entre l’utilité bienvenue d’un pétrole à moindre prix en pleine crise épidémique de Covid-19 et la déception de constater son influence désormais plus réduite sur son protégé saoudien.

Tandis que l’économie mondiale anticipe une récession inédite et qu’il demeure difficile de prévoir autant les conséquences que la fin de l’épidémie, le prix du pétrole restera peut-être à des niveaux historiquement bas plus longtemps que l’Arabie Saoudite ne l’escomptait.

Dès lors, l’Arabie Saoudite pourrait souffrir d’avoir fait chuter le prix du pétrole dans une période aussi incertaine que grave et devoir composer avec des retombées qu’elle n’avait pas prévues en matière diplomatique comme en matière économique.

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